interview d'un cristalis etb12

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

interview d'un cristalis etb12

Message par agora line 70 le Lun 13 Déc 2010 - 19:03

salut,
le journal lyon citoyen a interviewer un cristalis etb12 de la ligne 4
et voici ce qui raconte:

TROLLEY TROP BEAU Sans dire de rouler des mécaniques, entre le Lyon qui se lève
tôt et celui qui se couche tard, moi, je ne me repose quasiment jamais. Vingt heures
de traversée urbaine dans les pattes tous les jours ! Nom de code : Cristalis. Je suis un
trolleybus de la ligne 4 et je vous embarque, tous, pour une journée ordinaire. Extra…

l est 4 heures…, mon dépôt s’éveille.
Blotti contre mes 90 camarades coincés
façon sardines au bercail de la
rue d’Alsace, je sens déjà les chatouilles
des premiers conducteurs
qui se faufilent le long de mes flancs.
Chacun doit atteindre le bus que le coordinateur
vient de lui attribuer. Ma porte avant
s’entrebâille. Et les doux effluves d’un petit
café rapidement avalé précèdent la montée
de mon…, oh pardon : de ma conductrice du
petit matin. Je la connais, c’est elle qui trouve
mon siège un peu “raide” – on a tous nos
petits défauts – mais ça va, elle conduit plutôt
cool et son franc-parler passe bien avec
les clients. Le dépôt s’ébranle. Les moteurs
tournent. Il faut que tout le monde puisse sortir
dans les temps, direction les 9 lignes gérées
par notre unité. Une sortie millimétrée, presque
chorégraphiée pour que s’ouvre sur la scène
urbaine, complice, notre inlassable ballet.
Anne-Marie installe ses petites affaires, s’empare
des commandes et nous plonge dans la
ville endormie. Petit moment d’intimité, de
calme absolu avant la tempête urbaine, les
marées humaines et 200 km de traversées
Nord-Sud entre Amphi 3000 et Jean-Macé…
Vies en tranches !
Arrivé sur la ligne, toutes les lumières de l’habitacle
s’allument pour les premiers voyageurs
qui m’attendent. Le timide «bonjour»
de ceux qui partent déjà bosser croise le
«bonsoir» aussi bruyant que décalé de fêtards
qui font du premier bus le dernier de la
journée. S’opère alors la magie de mon petit
chez moi, théâtre ambulant d’une vie aux
combinaisons infinies pour tous les acteurs
de la cité. Arrêt sur image et fines tranches
de vies, le rythme urbain se fige ici l’espace
d’un pratique et petit bout de chemin. Grand
écart social, mosaïque d’humeurs, catalogue
de comportements, échantillons de vies…,
le scénario s’écrit au fil du parcours, des
montées, des descentes, du conducteur et
des 8 000 “figurants” qui se bousculent,
s’observent, se chamaillent ou s’ignorent en
fonction des endroits, des heures de pointes
ou des aléas du trafic. Malmené de l’intérieur,
rarement chouchouté et parfois vandalisé,
je ne suis pas vraiment ménagé. Surtout
qu’il faut aussi se frotter au monde extérieur.
Trottoirs, voitures, vélos, camions,
bouchons, manifestations, livraisons, travaux
– j’en passe et des meilleures – n’arrangent
rien à mes petits problèmes de santé.
Mécanique solide mais usée par la ville, je
passe en révision complète tous les trois
mois jusqu'à l’âge d’une retraite fixée aux alentours
de 700 000 kilomètres… Bref, Anne-
Marie m’a quitté vers 11h et depuis, deux
autres chauffeurs se sont relayés au volant.
Pas d’incident majeur, juste quelques fraudeurs
gérés par le service d’intervention, un
petit contournement et une régulation horaire
indiqués par notre PC central qui garde, via
mon GPS et une gestion informatique de
pointe, un oeil bienveillant sur le bon déroulement
de ma journée comme sur celle des
1 000 bus de tout le réseau lyonnais.
On rentre
Les sorties de ciné, de restos ou du casino
m’ont livré mes derniers clients. Discussions
plutôt sympas, ambiance détendue et
dernière dépose. 1h30, je souffle un grand
coup. Michel aussi. Dernier conducteur du
jour, ou plutôt de la nuit, il me reconduit
au dépôt. Petite douche sous rouleaux
géants, quelques manoeuvres périlleuses et
me revoilà bien rangé au chausse-pied.
Michel complète le carnet de bord, indique
la défaillance de mon essuie-glace et disparaît…
Un mécano va passer en revue les
annotations et intervenir. Pour l’instant,
les équipes de nettoyage sont déjà au boulot.
Journaux gratuits, petits graffitis ou
résidus en tout genre : le gros du ménage
n’est pas un luxe. A peine le temps d’avoir
une petite pensée pour la famille, 2 344
collaborateurs à la direction bus (Keolis
Lyon compte 4 300 salariés au total) dont
60 % de conducteurs, 143 millions de
voyages annuels, 38,2 millions de kilomètres
(dont 3,7 de trolleybus), un parc d’un
millier de véhicules (dont 120 trolleybus),
6 dépôts, 92 lignes régulières, 98 lignes
scolaires (Junior Direct), 1 538 abribus et
1 824 poteaux d’arrêt, plus de 85 kilomètres
de couloirs de circulation…
Il est 4 heures, mon dépôt s’éveille.

merci
bonne lecture
avatar
agora line 70
Membre

Masculin Verseau Buffle
Nombre de messages : 222
Age : 20
Localisation : lyon
Emploi : college

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum